Les vacances

 

 

 

 

LES VACANCES

 

 

Fleurville est une trés jolie propriété située à la campagne, au coeur de la Normandie. Le château est habité par mme de Fleurville qui est veuve, par son amie Mme de Rosbourg et par leurs filles, Camille, Madeleine et Marguerite. Il y a aussi sophie, une orpheline que Mme de Fleurville a recueillie. Par une belle journée de juillet, tout est sens dessus dessous dans la propriété, car mme de Fleurville attend l'arrivée de ses soeurs, beaux-frères et neveux. Quand aux petites filles, elles sont trés agités.

Soudain, les voitures tant attendues passent le pont, traversent le bois et arrivent devant la grille qui est ouverte par le jardinier et bientôt, elles s'arrêtent sous le perron du château et tous les voyageurs en descendent.Peu aprés ce ne sont, pendant quelques instants, que baiseres, émotion, cris de joie. Quel plaisir de se revoir aprés presque une année de séparation! Mme de Fleurville fait entrer les grandes personnes dans le château, tandis que les enfants restent seuls. Les fillettes entourent Léon, son frère Jean et leur cousin, le petit Jacques.

      - Ah! mes amis, nous avons fait de beaux projets: promenade, pique-nique, jeux de toutes sortes, disent-elles en choeur. Mais maintenant, allons goûter!

Le lendemain et les jours suivants, le temps est si beau que les enfants s'amusent dehors du matin au soir: armés de filets, ils font la chasse aux papillons.

Puis ils organisent un goûter dans les bois. Ils vont aussi à la cueillette des mûres, des fraises sauvages, des champignons. Et, le soir venu Jean leur fait la lecture à haute voix.

Un jour il fait tellement chaud que les sept amis s'installent prés du verger pour pêcher tranquillement dans l'étang qui est trés poissonneux. Aprés une heure de pêche, le panier de Jean est plein, tandis que celui de son frère reste vide. Cela met Léon de fort mauvaise humeur, et il grommelle:

        - Ouf! Quelle affreuse chaleur! Quel endroit désagréable! Il nous faudrait une petite cabane pour nous reposer à l'abri du soleil.

Camille répond:

        - Nous avons bien essayé d'en construire une, mais nous n'y avons pas réussi, car ne nous sommes ni assez fortes ni assez adroites.

 Jean dit:

          - Eh bien! mes chères cousines, pendant notre séjour à Fleurville, Léon et moi nous vous construirons une belle cabane.

Jacques lança:

         - Quelle bonne idée! Moi, j'en construirai une pour Sophie et Marguerite.

Léon répond:

          - Ah!Ah! laisse-moi rire, un petit bonhomme comme toi est incapable de bâtir une cabane.

Ce soir là, on se sépare en convenant de commencer à construire les cabanes dés le lendemain matin. Le jour suivant, en arrivant prés de l'étang, les quatres grands découvrent Jacques, Sophie et Marguerite travaillant à leur cabane, qui est déjà trés avancée. Léon en paraît si vexé que les petits éclatent de rire.

Jean clame:

          - Mon petit Jacques, comment as-tu fait pour tant travailler en si peu de temps?

Jacques lui répond:

          - Voilà, Sophie, Marguerite et moi nous nous sommes levés tôt et n'avons cessé de travailler. maintenant nous allons nous reposer. Bon courage!

Mais, bien que les quatres grands se donnent beaucoup de mal, leur construction n'avance guère, tandis que celle des petits s'élève rapidement. Pourtant, on ne les voit presque jamais travailler! Quelle humiliation pour Léon qui croyait que sa cabane serait terminée avant celle de Jacques!

        - Il y  a un mystère là-dessous. demain, à l'aube, allons voir comment les petits s'y prennent dit Léon.

Le lendemain, dés l'aube, les grands se dirigent vers l'étang, quand ils entendent des voix, des coups de marteau et Sophie qui, à leur approche, se met à crier:

        - Attention! Voilà les grands....cachez-vous vite!

Les grands se précipitent et aperçoivent quelqu'un qui se dissimule derrière un buisson. Alors, Jean bondit et découvre....le papa de Jacques....

         - Si j'ai résolu d'aider mon petit garçon à finir sa cabane avant Léon, c'est parce que celui-ci s'était moqué de lui, explique alors le papa de Jacques.

         - La leçon ne sera pas perdue, car je vous promets de ne plus jamais être moqueur, déclare Léon.

Tout est bien qui finit bien: les papas aident leurs fils à terminer les cabanes, et toute la famille vient les admirer car elles sont charmantes. Quelques temps aprés, les enfants invitent leurs parents à jouer à cache-cache avec eux dans la forêt. On décide que les enfants se cacheront, mais défense de grimper aux arbres, aprés quoi les grandes personnes les chercheront. La partie commence donc.

          - Hou!Hou! Cherchez-nous, trouvez-nous!

C'est trés amusant, une partie de cache-cache, avec les fuites, les cris, les rires des joueurs. quand petits et grands se retrouvent enfin prés du but, on s'aperçoit que Sophie n'est pas parmi ses amis.

Mme de Fleurville s'inquiète:

         - Elle s'est égarée, appelons-la tous ensemble.

Mais on a beau appeler et chercher partout, Sophie reste introuvable. Alors, trés inquiets, parents et enfants s'éparpillent, par petits groupes, à sa recherche. Soudain Jean entend un faible murmure:

          - Au secours....je suis tombée dans un arbre creux.....

Le jeune garçon regarde autour de lui, découvre un vieil arbre, et s'élançant, grimpe jusqu'en haut du tronc, la pauvre Sophie est au fond de l'arbre creux, où elle sanglote avec désespoir. Alors, vite, Jean ôte sa veste, la tord pour en faire une sorte de gros lien, la tend à Sophie qui s'y accroche, la hisse de toutes ses forces hors de sa cachette et l'aide à descendre jusqu'au sol.

 

Saine et sauve, Sophie remercie Jean et demande pardon de sa désobéissance à mme de fleurville. Aprés cela, les vacances continuent gaiement, sauf pour Mme de Rosbourg qui pense sans cesse à son mari, car celui-ci a naguère disparu au cours d'un naufrage. La deule consolation de Mme de Rosbourg est de rendre visite à la mère d'un matelot qui a dû périr avec son époux. Or, un jour, en jouant dans les bois, les enfants rencontrent un vagabond. Celui-ci leur demande s'ils savent où il peut trouver sa femme, la mère Lecomte, qui doit habiter prés du château de Fleurville. Ainsi ce vagabond est le matelot qui a disparu en mer avec M. de Rosbourg! La nouvelle est aussitôt connue de Mme de Rosbourg et de la mère Lecomte qui, trés émues, écoutent le récit du pauvre homme:

          - Aprés le naufrage de son navire, le commandant de Rosbourg, un jeune garçon nommé Paul et moi-même avons échoué sur une île peuplée de sauvages qui nous ont capturés....seul, j'ai pu m'évader...

Et Lecomte achève son récit en disant tristement:

          - J'ai souvent tenté de retrouver mes deux compagnons. Je n'y suis jamais arrivé et je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Ensuite, j'ai vécu misérablement dans l'île, jusqu'au jour où un bateau m'y a recueilli, à demi mort d'épuisement. On m'a soigné, puis on m'a débarqué au Havre, d'où je suis venu à pied jusqu'ici.

Pendant les semaines qui suivent le retour de Lecomte, Mme de Rosbourg espère et désespère tour à tour:

           - Ah!si mon époux pouvait revenir, comme Lecomte!

Le temps passe sans appoter de nouvelles du disparu. Puis, un soir, en allant au jardin, Mme de Rosbourg se heurte à deux visiteurs qui entrent au château. Et, dans l'un deu ceux-ci, elle reconnaît avec émotion son mari tant aimé et tant attendu. Quel bonheur pour les deux époux si longtemps séparés!

Quand aux enfants, ils font la connaissance de Paul, le jeune compagnon du commandant. Paul est un solide garçon de douze ans, courageux, franc et trés sympathique. Les enfants ne se lassent pas de l'entendre raconter ses aventures: comment, ses parents ayant péri dans le naufrage, M. de Rosbourg a pris soin de lui; comment il est devenu l'ami des sauvages doux et paisibles; comment , enfin, les deux naufragés ont été recueillis et rapatriés par un navire venu faire escale dans l'île.

Paul fait bientôt partie de la famille et partage tous les jeux de ses nouveaux amis. Il construit même, à côté de leurs cabanes, une charmante hutte. Léon, qui est poltron et taquin, admire beaucoup la hardiesse et la bonté de Paul, et il s'efforce de lui ressembler. Mais cela ne lui est pas toujours facile. Ainsi, en se promenant un jour dans la campagne, les enfants entendent des moqueries et des éclats de rire auxquels se mêlent des gémissements.

Paul dit:

        - Quelqu'un souffre! Allons vite le secourir.....

          - Oh! non, il y a peut-être du danger....insista Léon

          - Qu'importe le danger, si on a besoin de nous! répliqua Paul.

Et, prenant Léon par le bras, il l'entraîne vers l'endroit d'où proviennent les gémissements. Là, les deux amis découvrent quelques garnements qui tourmentent cruellement un petit infirme. Alors Paul bondit. Léon en fait autant. A eux deux, ils délivrent le pauvre enfant et donnent aux mauvais garnements une telle raclée que ceux-ci prennent la fuite.

paul dit:

         - Tu vois, Léon, c'est facile d'aider son prochain!

Voici l'automne. Les vacances touchent à leur fin. Bientôt Léon, Jean, Jacques et leurs parents retourneront à Paris. Les enfants sont tous attristés par la pensée de leur prochaine séparation.

Jean les console de son mieux:

          - Mes amis, ne nous affligeons pas trop: cette année passera vite puisque nous aurons de bons souvenirs pour nous tenir compagnie jusqu'aux prochaines vacances. Et, quand l'été reparaîtra, nous reviendrons à Fleurville où nous nous amuserons, nous nous taquinerons et nous vivrons ensemble de nouvelles aventures.

Ces paroles distraient un peu les quatres filles, car elles pensent au plaisir qu'elles auront, l'été prochain, en reprenant avec leurs amis et cousins la bonne et joyeuse existence de naguère.

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