L'homme de goudron

 

 

 

L'HOMME DE GOUDRON

 

 

 

Il  eut une fois une longue période de séchemetn: les fleuves, les torrents et les ruisseaux étaient à sec, et on ne trouvait d'eau nulle part. Les animaux de la forêt tinrent conseil pour sortir de cette situation terrible. Le lion, l'ours,le loup,le renard, la girafe,le singe,l'éléphant et même le lapin, tous se réunirent afin de discuter du meilleur moyen pour trouver de l'eau.

Enfin, ils décidèrent de creuser un puits et chacun promit de faire une partie du travail. Sauf le lapin, un fieffé pareseux qui n'avait aucune envie de se mettre à creuser les puits.

Les autres lui dirent en choeur:"D'accord, cher et estimé lapin, tu ne veux pas te mettre au travail! Mais alors, ne t'attends pas à avoir une seule goutte d'eau  de notre puits!"

Le lapin leur éclata de rire au nez. "Creusez déjà, mes amis! Et vous verrez que d'une manière ou d'une autre, je boiraai toute l'eau qui me plaira!"

Les animaux se mirent au travail avec courage...sauf bien sur, le lapin, qui les regardait faire. Ils arrivèrent bientôt à la nappe d'eau. Chacun put satisfaire sa soif, avant de rentrer dans ses foyers, au plus profond de la forêt.

 Le lendemain matin, ils virent tout autour du puits les empreintes du lapin imprimées dans la boue. Il était sans aucun doute venu boire pendant la nuit! Les animaux se réunirent en conseil et cherchèrent le moyen de l'en empêcher à l'avenir. Ils décidèrent que l'un d'entre eux monterait la garde à côté du puits, mais personne n'était d'accord pour le faire. Enfin l'ours se décida:

"Nous avons assez perdu de temps. Je monterai la garde pendant la première nuit. Allez tous dormir. Ce gredin de lapin se rendra vite compte que, tant que je serai là, il ne pourra pas toucher à une seule goutte d'eau."

Les animaux allèrent se coucher et l'ours se posta contre le rebord du puits. Quelque temps aprés, le lapin, sortant des buissons, aperçut l'ours qui montait la garde. D'abord, il fut trés embarrassé et ne sut que faire. Tout à coup, une idée lui vint: il s'accroupit sur le sol et, bien caché, se mit à chanter:

        Taratata, on t'y prendra!

        Taratata, couçi-couça!

Le vieil ours se demandait d'ou pouvait bien venir cette chanson. Le lapin continuait à chanter:

       Tarartata, on t'y prendra!

       Taratata, couçi-couça!

L'ours se leva. Le lapin poussait toujours sa chansonnette. Alors l'ours se mit à danser sur ce petit air. Il dansa si bien qu'il s'éloigna petit à petit du puits. Le lapin y descendit et but toute l'eau dont il avait envie, puis il disparut derrière la colline.

Le matin suivant, les animaux revinrent vers le puits et virent les empreintes du lapin imprimées dans la boue. Ils se moquèrent ouvertement de l'ours:

" Quel piètre gardien de puits tu es! Tu t'es laissé pièger par un misérable lapin!"

Mais l'ours répliqua:

" Le lapin n'est pour rien dans toute cette histoire. Je me tenais au bord du puits, les yeux grands ouverts, quand tout à coup est descendue du ciel une musique extraordinaire. Je crois bien qu'elle venait tout droit du ciel, parce que j'ai cherché partout et elle ne venait de nulle par ailleurs. C'est pour cetet raison que je me suis éloigné du puits quelques instants, et pendant ce temps-là, le lapin est venu boire."

" Peu importe! dirent tous les animaux. Nous ne pouvons plus te faire confiance. Il faut trouver un autre gardien, toi, par exemple , le singe. Reste assis toute la nuit contre le rebord du puits, ouvre grands tes yeux; on verra bien si ce lapin te piège!"

" Cela m'étonnerait fort!" dit le singe

Les autres animaux allèrent se coucher et le singe resta seul au bord du puits. La nuit tomba, les étoiles se mirent à briller dans le ciel. Le lapin sortit de la forêt, jeta un coup d'oeil vers le puits, aperçut le singe qui montait la garde. Bien caché, il poussa sa chansonnette:

     Taratata, on t'y prendra!

     Taratata, couçi-couça!

Le singe regarda tout au fond du puits; non, ce n'était pas l'eau qui chantait... Le lapin continua:

      Taratata, on t'y prendra!

      Taratata, couçi, couça!

 Le singe leva les yeux au ciel; non, ce n'était pas les étoiles qui chantaient . Le lapin continuait sa chansonnette. Enfin, le singe scrut la forêt.

" Ce sont les feuilles des arbres qui chantent "dit-il.

Et il se mit à danser en s'éloignant du puits; Alors le lapin s'approcha, but toute l'eau dont il avait envie et disparut une fois encore derrière les collines.

Le lendemain, les animaux allèrent au puits et treouvèrent une fois encore les empreintes du lapin imprimées dans la boue. Ils parlèrent avec sévérité au singe:

"Pauvre singe, tu n'es pas plus malin que l'ours. On ne peut même pas pas compter sur toi, puisque tu es incapable de faire face à un misérable lapin!"

Mais le singe répondit:" Le lapin n'y est pour rien! Ce n'est pas à cause de lui que je me suis éloigné du puits. J'ai entendu tout à coup la plus belle des musiques qui venait de la forêt et je suis allé voir qui la faisait. C'est certainement pendant ce temps que le lapin est venu boire."

Mais tout le monde se moqua de lui. Il fallut trouver un autre gardien pour la nuit suivante. Ils discutèrent longtemps et enfin le renard eut une idée:

" Nous devrions faire un homme de goudron , de paille et de tissu! C'est lui qui servira de gardien au puits!"

" Excellente idée" dirent les animaux en choeur. Et toute la journée, ils travaillèrent  à fabriquer  l'homme de goudron. Puis ils le postèrent au bord du puits.

La nuit venue, le lapin arriva et se mit à chanter:

     Taratata, on t'y prendra!

     Taratata, couçi-couça!

Mais l'homme ne semblait rien entendre. Le lapin reprit la chansonnette:

     Taratata, on t'y prendra!

     Taratata, couçi-couça!

L'homme ne réagissait pas; il semblait ne pas entendre. Alors le lapin s'approcha doucement et se mit à chanter plus fort; aucun geste de la part de l'homme de goudron! Le lapin s'avança encore plus prés; l'homme ne bougea pas. Le lapin se mit tout contre lui et cria:" Ecoute moi bien! Pars de ce côté et moi, je descend tranquillement dans le puits." L'homme ne bougeait pas.

" Tu ne veux pas t'en aller? Alors, gare à toi!" dit le lapin en tendant ses poings fermés.

L'homme de goudron ne faisait aucun mouvement. Le lapin leva le poing droit et le frappa de toute ses forces; son poing resta collé dans la masse.

" Lâche mon poing ou je te frappe avec l'autre!" cria le lapin.

 Et comme l'homme de goudron ne réagissait toujours pas , le lapin le frappa de son poing gauche, qui resta également  collé dans la masse.

" Lâche mes poings ou je te donne un coup de patte arrière!"

L'homme de goudron ne bougea pas. Alors le lapin donna un furieux coup de patte arrière.... et elle resta collée au goudron. Il le frappa avec l'autre patte... qui resta aussi collée dans la masse. Notre lapin était prisonnier, poings et pattes à la fois!

" Lâche moi, ou je te donne un coup de tête!"

Ce qu'il fit aussitôt. Sa tête resta collée au goudron. Les autres animaux le trouvèrent dans cette fâcheuse posture, collé de partout à l'homme de goudron. Tous riaient à gorge déployée.

" Eh bien, cher et estimé lapin! dirent-ils. On verra si tu  arriveras encore à nous voler l'eau du puits! Nous allons t'attacher à un arbre et te couper la tête!"

" Allez-y sans hésiter, mes amis! dit le lapin. J'ai toujours rêvé que l'on me coupe la tête car c'est la plus belle manière de mourir!"

"Mais nous ne voulons pas te faire plaisir! dirent les animaux. Nous allons plutôt te percer de flèches!"

" C'est encore une plus belle mort!" dit le lapin.

" Alors, pas de flèches! répliquèrent-ils. Puis ils se réunirent en conseil pour imaginer une mort horrible.

"J'ai une idée, dit l'ours, nous allons l'enfermer dans un garde manger et nous l'engraisserons jusqu'à ce qu'il soit gros comme une boule de lard. Puis nous le lancerons en l'air. Il retombera sur le sol et son ventre énorme éclatera."

"Oh non, pas cela! supplia le lapin."

" Ah voilà enfin une mort que tu ne souhaites pas, c'est la bonne! dirent-ils."

Ils enfermèrent le lapin dans un garde manger et l'engraissèrent tellement qu'il devint aussi rond q'une boule de lard. Ils le portèrent au sommet de la colline. Le lion, le renard, l'ours et le singe le saisirent chacun par une patte et ils le balançèrent d'avant en arrière en criant: " Hop là! Un coup pour moi, un coup pour toi, et un, et deux, un, deux, trois!"

Ils le lancèrent en l'air. Mais notre gredin retomba avec agilité sur se petites pattes et s'enfuit dans la forêt en criant:

"Tralala! Mon vrai nom, c'est Blanche Queue. Et je suis plus malin qu'eux!"

 

 

 

END

 

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